jeudi, 15 mai 2008

Mon truc en plumes Cygne des temps qui courent et des taons journaleustiques

Le Geai paré des plumes du Paon 1432404841.jpg Un paon muait: un geai prit son plumage; Puis après se l'accommoda; Puis parmi d'autres paons tout fier se panada, Croyant être un beau personnage. Quelqu'un le reconnut: il se vit bafoué, Berné, sifflé, moqué, joué, Et par Messieurs les paons plumé d'étrange sorte; Même vers ses pareils s'étant réfugié, II fut par eux mis à la porte. Il est assez de geais à deux pieds comme lui, Qui se parent souvent des dépouilles d'autrui, Et que l'on nomme plagiaires. Je m'en tais, et ne veux leur causer nul ennui: Ce ne sont pas là mes affaires. Jean de La Fontaine, Fable IX, Livre IV.

jeudi, 08 mai 2008

« Je suis Guillot , berger de ce troupeau » - La Fontaine -

A Gobineau,824090591.jpg rallié au despote liberticide que fut Louis-Badinguet-Bonaparte-Napoléon III qui lui vantait, outre son racialisme qui se voulait scientifique, son ralliement à l'Empire-Badinguet,624939691.jpg Tocqueville répond : « Non, je ne croirai point que cette espèce humaine qui est à la tête de la création visible soit devenue ce troupeau abâtardi que vous nous dites et qu'il n'y ait plus qu'à la livrer sans avenir et sans ressource à un petit nombre de bergers qui, après tout, ne sont pas meilleurs animaux que nous et souvent en sont de pires"… Relisons notre ami La Fontaine et parlons donc de nos bergers; restons Français, que diable! Au diable les Führer, Duce, Con-ducator, Caudillo et autres. Relisons donc la fable de notre ami Guillot, Berger de ce troupeau : 266224451.gif LE BERGER ET SON TROUPEAU Quoi ? toujours il me manquera Quelqu'un de ce peuple imbécile ! Toujours le Loup m'en gobera ! J'aurai beau les compter : ils étaient plus de mille, Et m'ont laissé ravir notre pauvre Robin ; Robin mouton qui par la ville Me suivait pour un peu de pain Et qui m'aurait suivi jusques au bout du monde. Hélas ! de ma musette il entendait le son ; Il me sentait venir de cent pas à la ronde. Ah le pauvre Robin mouton ! Quand Guillot eut fini cette oraison funèbre Et rendu de Robin la mémoire célèbre. Il harangua tout le troupeau, Les chefs, la multitude, et jusqu'au moindre agneau, Les conjurant de tenir ferme : Cela seul suffirait pour écarter les Loups. Foi de peuple d'honneur, ils lui promirent tous De ne bouger non plus qu'un terme. Nous voulons, dirent-ils, étouffer le glouton Qui nous a pris Robin mouton. Chacun en répond sur sa tête. Guillot les crut, et leur fit fête. Cependant, devant qu'il fût nuit, Il arriva nouvel encombre, Un Loup parut ; tout le troupeau s'enfuit : Ce n'était pas un Loup, ce n'en était que l'ombre. Haranguez de méchants soldats, Ils promettront de faire rage ; Mais au moindre danger adieu tout leur courage : Votre exemple et vos cris ne les retiendront pas. Rien à voir avec les temps qui courent… A moins que ceci n’annonce à l’avance, sous une forme réciproque et inverse la situation qui lie notre vénérable guide. Je vous renvoie au texte de 20 minutes que je vous livre un peu plus loin. Voyons cela : L’entourage de notre ami et président Bienaimé-Nicolas-Napoléon Sarkozy Ier crie au loup, lance des cris de pucelles -pucelles outragées de voir le loup, encore lui… - Vierges et martyres, martyres d’être vierges. V’la-t’y pas que nos « organes » de presse auraient fait violence à notre chef Bienaimé ! Vous direz qu’il faut faire appel à Denis Gautier1759381780.2.jpg Vaseline pour lubrifier les relations sociales et professionnelles, mais est-ce que c’est bien suffisant ?695230672.jpg Benedictus Sixtine, peut-être pour un coup de goupillon…548746956.2.jpg mais vous allez nous le détruire ! Et pourtant j’avais prévenu : à être cul et chemise, y’en a toujours un qui se fait enfiler, à l’insu de son plein gré. Alors lequel mon cher Lock Holmes ? Car il faut bien avouer que pendant deux ans nos journaleux, tous sans exception, ont été dans une posture oblationnelle, le fion – ou la Fiona – en avant, prêts à recevoir le saint chrême. Ils mettaient toutes les semaines notre futur Grand Timonier à la une de leurs shitpeople magazines et shitfirstclassmagazines. Dans le très remarquable Worldnecessity-Chalet "The World", John-Maria Colombain se fendit( !) même d’un éditorial pour déconsidérer Bayrou afin que le choix fût clair, d’autant plus clair que Dame Ségolène … Ségo & Sarko sont en bateau, Ségo tombe à l’eau, qu’est-ce qui reste ?18155169.2.jpg Justement le problème est là ! Vous n’êtes pas satisfaits des restes sémillants de notre ami Bienaimé. Et je vous le dis… vous avez tort ! Chirac ne m’a pas déçu : je n’en attendais rien, le pire, peut-être…563169135.jpg Mais là je vous avais prévenus mes cocos que bientôt vous risquiez de faire comme la vieille qui gueulait : « Vive Denys Tyran de Syracuse »… Vous n’avez pas suivi ; tant pis pour vous, vous n’avez qu’à revoir les chapitres précédents. A+ mes cocos… Ci joint ce qu’écrit le gratuit 20 minutes… :le président et les siens se fâchent. Décidément les médias…il faut reprendre les lois sur la presse de Charles X quant à ce qu’a – aurait dit Fromage de Hollande, c’est une fois encore totalement incompréhensible ; du Guy Mollet évoquant la torture !» …je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire »1029952768.jpg55161266.jpg … Chapeau l’artiste !... pour chier dedans…le chapeau !1617609635.jpg Lisons 20 Minutes : « Dernière charge en date, celle du parti majoritaire contre l’AFP. L'UMP a de nouveau accusé mercredi soir l'Agence France-Presse de «censure» pour n'avoir pas diffusé un de ses communiqués. Sous le titre «Deux poids, deux mesures», le parti présidentiel reproche à l’agence de presse de ne pas avoir repris un nouveau communiqué concernant la condamnation (en appel le 10 avril à Rennes) de Ségolène Royal dans un litige avec d'anciennes collaboratrices. Dans un communiqué signé de ses trois porte-parole, l'UMP «regrette que, sous couvert d'une ligne éditoriale, l'AFP censure un parti politique dont l'action est reconnue dans la Constitution». Le parti affirme que ce nouvel épisode «pose la question de la situation de quasi-monopole de l'AFP, de sa soi-disant ligne éditoriale et de l'objectivité qui lui est demandée dans ses statuts». «Putain 4 ans !» Quelques heures auparavant, c’était le président de la République qui avait mis en cause plusieurs médias, lors d'une réception à huis clos des députés UMP à l'Elysée. Selon plusieurs participants, Nicolas Sarkozy a accusé «le Parisien», «l'Express» et l'AFP de ne pas avoir suffisamment relayé la condamnation Ségolène Royal. Il a aussi, selon plusieurs témoignages, reproché au «Journal du Dimanche» de ne pas avoir publié dans son édition papier un sondage plus positif que les autres sur sa récente intervention à la télévision. Il a encore visé «Marianne», dont la dernière Une titrait, sur une photo du président, «Putain 4 ans!». «Cette attitude n'est pas digne, ni de la fonction que (M. Sarkozy) occupe ni du respect que l'on doit au pluralisme de la presse», a jugé François Hollande, numéro un PS. Le député PS Patrick Bloche a prôné un «renforcement» de la loi pour «garantir» la «liberté éditoriale» des médias. Critiques au sein de l’UMP Certains UMP se sont démarqués du dernier communiqué de leur parti contre l'AFP. Pour l'élu parisien Bernard Debré, «c'est une méthode inefficace, inamicale et inutile»: «Si on n'arrive pas à faire passer un communiqué, c'est qu'il n'est pas intéressant.» «Il y a une forme de déchaînement médiatique vis-à-vis de Sarkozy depuis plusieurs mois qui explique la nervosité à l'UMP», juge pour sa part Alain Gest, député UMP de la Somme. Mercredi soir, l'UMP a réagi à une condamnation par les syndicats de l'AFP de «pressions exercées par le porte-parole Frédéric Lefebvre». Celui-ci avait lancé la charge le 1er mai en déplorant, par lettre ouverte au PDG de l'Agence, Pierre Louette, le non-traitement d'un de ses communiqués contre Ségolène Royal. Le 2 mai, la Société des Journalistes de l'Agence avait vu dans la diffusion de cette lettre ouverte des «tentatives de pressions politiques».

lundi, 21 mai 2007

Voter Bayrou ou élire Sarkozy…- suite et fin - alea jacta est !

C’était écrit (ici, au moins, mais pas seulement...), Sarkozy était assuré de vaincre Ségolène au second tour, et le soutien actif des médias pour assurer sa victoire aux primaires socialistes s’explique, en partie au moins pour cette raison. Les pouvoirs médiatiques, vigilants défenseurs de la cause sarkozyste, ne s’y sont pas trompés, leur patron triompherait plus facilement d’elle que de DSK. La défaite de Ségolène était assurée et sa démarche ne pouvait conduire qu’à l’échec, je l’ai suffisamment critiquée ici pour lui reconnaître, au moins, un courage certain ; elle a utilisé tous les arguments et pris une attitude à la Evita Peron, mais elle avait bien le droit d’être populiste – son vainqueur ne s’en est pas privé, ce qui ne justifie pas le propos de Mauroy, qui en d’autres temps eût fait bondir : « le populisme, c’est bien dans populisme, il y a peuple »…tu l’as dit Bouffi - . Elle s’est battue comme la petite chèvre de Monsieur Seguin – pardon, la compagne de Monsieur Hollande...- Le papier ne refus pas l’encre Le journal qui porte le même nom que celui de Beuve-Méry et Vianson-Ponté hier, a apporté, lui aussi son soutien à la manœuvre dans un éditorial obscène de Colombani… On affirmait, voici un siècle, que la « liberté » de la presse était une garantie de la démocratie ; depuis lors, « Nous autres grands médecins avons changé tout cela... », comme le dit justement Sganarelle. Mais il y a mieux encore : « un chercheur en science politique et corédacteur en chef (s’il vous plait) de la Revue socialiste », et qui plus est, membre du comité de rédaction de la revue Raisons Politiques de Sciences Po (Sciences Po Paris, s’il vous plait), vient de publier dans le même journal du soir un article stupéfiant : « Comment on perd une élection – La Présidentielle était imperdable pour le parti socialiste. L’échec s’explique d’abord par sa candidate » ! Il faut oser ; il faut faire partie de ces chercheurs que le monde/Monde entier nous envie pour écrire cela. Je vous renvoie au blog : fabiani.blog.lemonde.fr/2007/05/14/penser-a-gauche/ dans lequel l'auteur note pertinemment : « Alexis Dalem […] dans une page débats du Monde du 10 mai 2007 impute la défaite à la seule Ségolène Royal, en déclarant péremptoirement que l’élection était imperdable (sans donner aucune justification à une telle prévision) et en disant que tout autre candidat aurait fait mieux (ce qui reste à démontrer). Ce “chercheur en science politique” ne fait ici aucune recherche, mais règle ses comptes socialistes : autant dire que ce genre de position ne fait pas avancer d’un pouce le débat. Il se contente de dire que la “France n’est pas de droite”, moyen un peu court de nier qu’au premier tour près de 70% des électeurs présents ont voté à droite ». Avec des analyses du calibre de celles de notre éminent Alexis Dalem, bon vent camarades socialistes, voguez vers les Îles Bienheureuses. Le parti n’a ni ligne, ni idéologie ; incapable de se donner un statut, une identité; il a perdu le vote des ouvriers et d'une partie des employés, et connaîtra, grâce à ces stratèges, ces chercheurs émérites le sort du P.C. faute d'avoir fait à temps son aggiornamento. Les Bobos de l’énarchie de gauche seront naturellement dépassés par le regroupement des droites et des énarchistes de droite qui adhèrent à Sarkozy comme la moule à son rocher et savent, en outre, débaucher au centre et à gauche, « parce que, nous on a de l’idéal, Monsieur ; (et puis il faut bien bouffer, on cantine où on peut) ». Tous les médias chantent les louanges du nouveau pouvoir, de son ouverture. Soit, on verra, on en reparlera, au besoin...! Rappelons toutefois deux points importants. «Sarkozy a été élu démocratiquement puisqu’on a voté pour lui ». Qui oserait prétendre le contraire ; mais il arrive qu’un peuple fatigué vote démocratiquement pour une forme de pouvoir personnel, sans contrôle, sans contre-pouvoir. Nous autres Français, si sourcilleux là-dessus, démocrates et républicains de surcroît, les meilleurs et les plus modestes, sommes coutumiers du fait, nous adorons plébisciter : Bonaparte, Louis-Napoléon, Pétain (plébiscité sans avoir à recourir au plébiscite), de Gaulle lui-même qui sut rétablir les libertés, garantir la démocratie et la République. Mais de Gaulle était un cas, et un homme, à part. La Fontaine a bien expliqué tout cela ! Les Grenouilles qui demandent un Roi Les Grenouilles, se lassant De l'état Démocratique, Par leurs clameurs firent tant Que Jupin les soumit au pouvoir Monarchique. Il leur tomba du Ciel un Roi tout pacifique: Ce Roi fit toutefois un tel bruit en tombant Que la gent marécageuse, Gent fort sotte et fort peureuse, S'alla cacher sous les eaux, Dans les joncs, dans les roseaux, Dans les trous du marécage, Sans oser de longtemps regarder au visage Celui qu'elles croyaient être un géant nouveau; Or c'était un Soliveau, De qui la gravité fit peur à la première Qui de le voir s'aventurant Osa bien quitter sa tanière. Elle approcha, mais en tremblant. Une autre la suivit, une autre en fit autant, Il en vint une fourmilière; Et leur troupe à la fin se rendit familière Jusqu'à sauter sur l'épaule du Roi. Le bon Sire le souffre, et se tient toujours coi. Jupin en a bientôt la cervelle rompue. Donnez-nous, dit ce peuple, un Roi qui se remue. Le Monarque des Dieux leur envoie une Grue, Qui les croque, qui les tue, Qui les gobe à son plaisir, Et Grenouilles de se plaindre; Et Jupin de leur dire… Ne nous y trompons pas, je ne regrette pas plus l'ère Chirac que l'ère Mitterrand, ou Giscard, ou Pompidou qui portent la responsabilité de la dérive actuelle. La question que se poseront les historiens sera de savoir lequel y a le plus contribué par son cynisme et son affairisme! Mais revenons-en à notre ami Jupin. Jupin de leur dire…que sans contre-pouvoir, il n’est pas de démocratie réelle. Fillon a dit qu’il donnerait des garanties, un vrai pouvoir au parlement. On verra, ne lui faisons pas de procès d’intentions. Son discours est recevable ; c’est un discours de droite, mais la droite a été élue, elle a gagné. Mais quelle place pour les corps intermédiaires alors que le pouvoir contrôle tout, y compris les organismes de veille : Conseil constitutionnel, CSA et que le nouvel élu entend tout contrôler? Mais tout est tellement tentant, rappelez-vous, Mitterrand, le socialiste (ne riez pas bêtement), qui avait vitupéré contre Le coup d’Etat permanent, ne fut-il pas trop « à l’écoute » des Français et Françaises à la fin de son règne ? Pour entendre le son de la voix de Carole Bouquet, sans doute, comme un esthète cherchant à savoir si le ramage est aussi beau que le plumage... Mort à crédit Le second fait grave est manifestement d’ordre financier : on ne parle pas de réduire le train de vie de l’Etat. On peut même craindre que le style nouveau, strass et paillettes, n’amène à dépenser davantage, par exemple pour doter Neuilly d’une voie souterraine pour éviter les désagréments de la circulation automobile aux camarades prolétaires du lieu, voie qui coûtera à peine trois fois le prix du viaduc de Millau. On va baisser les impôts des riches, et, pour équilibrer, mettre des franchises sur les soins médicaux…et au bout du compte, les générations suivantes paieront. Fillon entend dépenser, on verra en fin de mandat. La présidente du Medef le dit : laissez-nous la liberté d’embaucher-débaucher, la relance économique est là qui résoudra tous les problèmes, les comptes, les retraites, la violence (tant pis si Jospin a avoué qu’il avait été naïf de l’avoir cru…) Gardez-vous bien de dire cela à votre cheval de bois, il vous donnerait une ruade... N.B.: Je viens de lire dans un commentaire...que j'aurais appelé à voter Sarkozy. Bien sûr, c'est évident...cela ressemble au gag fameux de ceux qui prenaient le sketch de Bedos au premier degré...Il n'existe pas de points d'ironie dans l'orthographe, certains s'en plaignent; à tort, n'est-ce pas plus amusant encore?