jeudi, 29 mai 2008
Israël Syrie, la politique étrangère de notre ami NIcolas
Politique étrangère J’ai déjà signalé à maintes reprises que si l’on pouvait discuter de la politique intérieure de notre cher Prince-Président qui présente bien des injustices, des erreurs, des maladresses, mais un réel volontarisme et une existence, même très discutable, une orientation, elle aussi très discutable ; elle possède une existence (ou un semblant d’existence) , face au zéro absolu des propositions du P.S. Ne cherchons pas ailleurs la raisons de la victoire de Sarko Ier à la présidentielle : mieux vaut une politique annoncée – même mauvaise – que pas de politique du tout ! restait l’hypothèse Bayrou, qui, pour moi, comme pour quelques analystes politiques – non des moindres – remettait la balle au centre et redonnait des chances à une pratique démocratique…mais tout ceci est bien difficile à comprendre. C’est un peu l’histoire du Corse qui demande à bénéficier des indemnités pour calamités naturelles parce que le vent n’ayant pas soufflé, les châtaignes ne son pas tombées et qui dit à son interlocuteur Bas-Normand : « ici rien ne pousse…. » ; mon compatriote lui dit : « chez nous ça pousse, plus ou moins bien, nous plantons …. » et notre ami Corse de dire : « ah, bon ! Mais si vous plantez…. » La politique extérieure Guaino/Sarkozy/Kouchner est le zéro absolu de ce qu’on peut attendre en la circonstance ! Nous passons à juste titre pour des jobards auprès des membres de l’Union Européenne. Avant d’être des donneurs de leçons, il faudrait commencer par diminuer nos déficits, c’est-à-dire le train de vie de l’Etat. On a vu, sur FR3, je crois, des éléments édifiants sur les dépenses engagées par Hortefeux, Rachida …ou la préparation du salon de l’Elysée pour le dernier entretien avec les journalistes, etc. Commençons par supprimer les voitures de fonction qui servent à Maman pour aller faire ses courses, avec chauffeur, pendant que Monsieur…fait ce qu’il veut ! « Qu’est-ce que vous entendez par là ? -Par là, j’entends pas grand-chose…. » Qu’ils fassent comme au Canada et dans les pays du Nord, qu’ils paient leurs timbres, leur téléphone, leurs bouquets de fleurs à leurs maîtresses, qu’ils prennent les transports en commun (je parle des moyens de déplacement, pas des histoires de cul) … Venons-en aux choses sérieuses ! Cécilia avait bien raison de se refuser à aller baiser le cul de Georges Bush ; on ne va pas faire des croupettes à celui qui a été le pire président des Etats-Unis depuis un demi-siècle, un siècle, depuis toujours… Et puis il y a cette fichue politique moyen-orientale ! D’entrée de jeu, Kouchner et Sarko ont envisagé gaiement de soutenir Johnny Walker dans une éventuelle croisade contre l’Iran ! Le Bush, il ne rêve que d’une chose : aller foutre une bombe atomique sur l’Iran pour terminer son 2e mandat ; un feu d’artifice, quoi ! Guerre générale, très bon cela pour Carlyle et Halliburton dont les Bush sont actionnaires en même temps que Dick Cheney ! …Tu parles d’un prénom, Dick ; bref un membre viril ; un grand chauve à col roulé, en quelque sorte… J’ai dit et redit que le pouvoir en place en Israël, voulait, d’abord, ne pas faire la paix ! Mais voilà-t-y pas, ma bonne, que notre ami Olmert, outre ses problèmes de prostate, a des gros problèmes avec la justice de son pays ! Surprenant, non ? C’est pas chez nous qu’on verrait le patron répondre à une convocation de justice, demandez à Chirac !... Et, par conséquent, il entreprend de lancer des négociations avec la Syrie, ce à quoi les deux pays ont tout intérêt. Qui peut servir d’interface à ces négociations de paix ? …La Turquie. Seul pays qui puisse servir d’interface entre Israël et les pays arabes et/ou musulmans, de même qu’entre l’Orient et l’Occident, l’Islam et le monde chrétien ! Mais pas touche qu’y dit le Sarko : les racines chrétiennes de l’Europe… Un peu de modestie, deux fois divorcé, il serait considéré, par un pape défenseur de la doctrine « duos habet et bene pendentes », comme donnant l’exemple du scandale…heureusement, nous vivons dans un Etat laïc, comme la Turquie. -« Mais Erdogan est au pouvoir ! » - « Mais un parti a pu, au nom delà constitution demander si ce pouvoir était bien légitime et constitutionnel dans un Etat laïc ! En outre, la Turquie a refusé de s’engager dans la guerre d’Irak, à laquelle nous aurions pris part si notre Bienaimé Sarko avait été président ! Guerre à laquelle nos amis polonais ont participé…je vous le dis tout net, s’il fallait choisir, je choisirais la Turquie contre la Pologne (au moins quand elle était gouvernée par les deux jumeaux intégristes de radio Maria) »… Bref, sur ce point, il a tout faux, tout nul ! -« Mais la Turquie n’est pas un pays européen… » Philonenko, philosophe distingué, rappelait que de Gaulle voulait s’entourer de collaborateurs ayant une vraie culture générale (mauvais exemple, j’en conviens, car le choix de Pompidou est de sinistre mémoire). Mais pour qui possède une once de culture générale la Turquie faisait bien intégralement partie de l’équilibre des nations européennes au XIXe siècle, puisqu’elle était : « l’homme malade de l’Europe »… -« Mais nos racines chrétiennes… » Curieusement ce ne sont pas seulement les Polonais qui crient le plus fort sur le sujet, mais ceux qui eurent à souffrir de l’antisémitisme du-dit pays… Bref, un mélange dont je ne veux pas entendre parler… Je rappellerai seulement qu’une partie de « nos philosophes » notamment présocratiques, étaient originaires de la « Grande Grèce », y compris de l’Asie Mineure, c’est-à-dire la Turquie, que c’est là que se déroula la Guerre de Troie (vive Hoffenbach !), que les premières Eglises chrétiennes virent le jour en Anatolie, que Saint Paul vint prêcher l’abstinence aux habitants d’Ephèse qui se livraient tranquillement à leurs pratiques amoureuses habituelles, et, enfin que c’est là-bas que vous pouvez visiter la maison de la Vierge, oui, la maison où Marie passa ses derniers jours près de Saint Jean : « le disciple que Jésus aimait ». Voilà bien des raisons qui devraient nous faire ouvrir la porte de l’Europe à la Turquie. -« Mais ils sont musulmans… » Mais le meilleur moyen pour qu’ils ne soient pas des islamistes purs et durs, c’est de leur permettre d’entrer : ils sont laïcs (Sarkozy est le plus mal placé pour relativiser cette laïcité !), francophones, francophiles… Et bien sûr on leur demandera des preuves de démocratie …que nous serions bien inspirés d’exiger de nous mêmes ! La position de notre cher Président est absolument nulle sur le sujet…mais n’est-ce pas la position même de nos concitoyens, nous autres les Français qui sommes les meilleurs…et les plus modestes ! Rappelons-nous notre mission civilisatrice, l’expo coloniale avec les indigènes dans des cages, en plein Paris, rappelons-nous : « Y’a bon Banania » rappelons-nous Sétif, le jour de la Victoire, le 8 mai 1945, avec le GPRF de de Gaulle et des communistes ! Rappelons-nous Mitterrand : « L’Algérie c’est la France, la négociation c’est la guerre »…et l’amnistie des putschistes. Rappelons-nous le vote des parlementaires, de tous les partis, demandant en 2006, qu’on enseigne les aspects positifs de notre colonisation bienveillante… C’était déjà çà le procès Dreyfus : « Le tribunal ne peut se déjuger ! La France, l’armée, ne peuvent pas se tromper !» Rien de plus vrai, n’est-ce pas ma bonne ! Par conséquent, votre fille est muette et Sarko a raison, la Turquie, la Turquie, la Turquie… C'est ça la pensée bourgeoise: "a est A" rappelait Barthes... Faut être petit avant que d'être grand,...Paris ne s'est pas fait en un jour! Ah, le bon sens français que tout le monde nous envie...On applaudit le Maréchal en mai, on ovationne le général en juin; de la fine politique -hier comme aujourd'hui, tous nos politologues saluent chaque jour l'intelligence politique du peuple le plus intelligent et le plus modeste du monde! Il fallait voir ce soir la remarquable émission C dans l’air, consacrée à la discussion sur une paix possible entre Israël et la Syrie ; comme quoi il existe des journalistes de grande qualité, tout comme les intervenants du jour!
01:43 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : israël, syrie, sarkozy, bush, kouchner, cécikia, turquie
vendredi, 16 mai 2008
Vive les journalistes, ma mère...
Hier soir, les chaînes américaines rapportaient (vers 23h30) un grave problème politique qui engage l'avenir des Etats-Unis, de la paix, d'Israël. Bush dont vous connaissez le pacifisme outrancier a tenu devant une large assemblée, en présence de cette colombe de la paix qu'est Olmert, des propos incendiaires.
Il veut terminer son mandat par un feu d'artifice, lui et ses comparses rêvent, après la grande victoire que constitue l'intervention en Irak, achever le boulot: pif, paf, boum...
à tel point que Mme Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, Obama...protestent avec la plus grande véhémence parce que ce fou de guerre veut lancer des actes irréversibles...
Mais comme le dit Stiglitz, actuellement en France, ce n'est pas perdu pour tout le monde. la guerre d'Irak: 3000 milliards de dollars, mais combien de bénéfices pour Halliburton, Carlyle, Cheney...
Et de ceci pas un mot dans les journaux radiophoniques du matin...
Ils n'ont pas été informés, sans doute. rappelez-moi, vous gagnez combien?...
11:04 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bush, olmert, israel, iran
mercredi, 07 mai 2008
Caïn et Abel, Israël et Palestine.
2008 : soixantième anniversaire de la création de l’Etat d’Israël, mais également de la Naqba qui, comme l’a souligné Edward Saïd, est le début de la tragédie historique que les Palestiniens vivent aujourd’hui encore, voire subissent de plus en plus violemment et injustement.
Et pourtant, il est quasi impossible de s’en sortir. Il faut dire que l’élection presque simultanée de Bush et Sharon constitua l’une de ces aberrations de la démocratie comme on en connut dans d’autres époques de sinistre mémoire. Lisez à ce propos : « Les Etats manqués » de Noam Chomsky,
particulièrement le chapitre « Israël-Palestine » et celui qui est consacré au « Messianisme démoniaque ». Chomsky montre, lui aussi, à sa façon, comment ceux que j’appelle les nouveaux Grands Inquisiteurs, déjà évoqués par Camus
dans son « Discours de Stockholm », inversent le Bien et le Mal qu’ils disent vouloir combattre. N'est-ce pas là, pour eux, le meilleur moyen de dissimuler qu’ils sont l’incarnation des forces du Mal, ou, le mal, tout simplement.
Regardez le bilan de huit années de bushisme, que de busheries, mais il voudrait encore bombarder l’Iran, pays qui contrairement à ce que dit notre propagande, est bien plus proche de nous en ce qui concerne les mentalités et le désir de démocratie, qu’on ne le pense…dès qu’il aura botté le cul à ces arriérés dont chaque discours de Bush renforce un pouvoir plus apparent que réel. (voyez « Persepolis » de Marjane Satrapi)
Mais il est content le Johnny Walker, à force de titiller l’Ours soviétique, il relance la course aux armements, et il a déjà réussi en partie : premier défilé militaire avec missiles sur la place Rouge les 8 mai, depuis 10 ans.
Car c’est cela que ni les Français ni les gouvernements européens ne comprennent : Bush veut avant tout relancer l’insécurité globale pour justifier :
- le surarmement des Etats-Unis (50%) de l’ensemble de tous les budgets militaires de la planète, et aussi, ceci devant justifier cela, la reprise de la course aux armements et le surarmement généralisé, d’où tous ces programmes que nous nous apprêtons à suivre…Il y a de l'argent à gagner pour Carlyle, Halliburton et leurs comparses!
- exploiter à fond toutes les sources d’énergies, saloper l’ensemble de la planète pour le plus grand profit des grandes firmes !
Revenons à nos frères ennemis du Moyen-Orient et relisons un peu le livre de la Genèse, non sans préciser que ces peuples ne sont ni l’un ni l’autre les descendants de l’un ou de l’autre, même dans toutes les dérives interprétatives qui ont été véhiculées par la suite et dont Hugo prend sa part dans « La légende des Siècles » :
« Adam connut Eve, sa femme; elle conçut, et enfanta Caïn et elle dit: J'ai formé un homme avec l'aide de l'Éternel. Elle enfanta encore son frère Abel. Abel fut berger, et Caïn fut laboureur. Au bout de quelque temps, Caïn fit à l'Éternel une offrande des fruits de la terre et Abel, de son côté, en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L'Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu.
Et l'Éternel dit à Caïn: Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu? (…)
Comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua. L'Éternel dit à Caïn: Où est ton frère Abel? Il répondit: Je ne sais pas; suis-je le gardien de mon frère? Et Dieu dit: Qu'as-tu fait? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi… »
Texte intéressant et souvent cité par les commentateurs qui oublient deux des points les plus importants :
- Le Dieu de l’ancien testament est singulièrement violent et amateur de sang comme les idoles païennes et dédaigne les offrandes végétales de Caïn ; pour que les offrandes vaillent, il faut qu’elles relèvent du sacrifice « Faut qu’ça saigne ! » Car enfin quoi de plus joli que le jeune agneau ? L’agneau « pascal » qu’on va immoler…comme le Christ, dans la lecture sacrificielle du Nouveau testament, lecture insupportable comme le souligne René Girard. Y songez-vous : ce Dieu fâché contre l’humanité qu’il a créée, et qui, pour satisfaire à sa propre colère, a besoin de faire mettre à mort son fils…Passons !...

- Celui qui subit le premier la violence et l’injustice, c’est Caïn. Tous les psychanalystes, pédopsychiatres et autres le savent : la plus grande violence qu’un homme puisse faire subir à son enfant c’est de ne pas le reconnaître « je ne te reconnais pas, je ne te reconnais plus », et cette violence est telle qu’elle conduit à la mort de celui qui la subit et/ou qui la rend ; (Relisons « L’éloge de la Fuite de Laborit » revoyons son film « mon oncle d’Amérique » et, aussi, « A l’est d’Eden »).

Car la paix est possible, on en connaît même les conditions, seulement le pouvoir politique qui lance des leurres entend non pas faire la paix, ni ne pas faire la guerre, mais ne pas faire la paix.
Là est l’objectif, le seul, tout le reste n’a pour but – comme les propos de Bush – que de faire diversion…et pendant ce temps-là la busherie continue !
22:21 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : israél, palestine, bush, sharon, rabin, grand inquisiteur, moyen-orient
jeudi, 28 juin 2007
God bless Tony
Notre ami Tony est allé se faire bénir par Benedictus sixtine, avant de quitter le 10 Downing Street. Ne chipotons pas ses résultats que nos libéraux montent en épingle ; il serait malséant un jour comme celui-ci de dire que les chiffres du chômage britannique omettent de comptabiliser 2 millions de sous-citoyens déclarés inaptes à l’emploi. Avant de rejoindre le groupe Carlyle, il vient de se faire nommer envoyé spécial du Quartette pour le Proche-Orient. Alors ça, c’est une nouvelle excellente. Il va pouvoir œuvrer pour la paix dans la région. Ne dites-pas bêtement qu’il est resté tranquillement en vacances, sans dire un mot, lorsque les stratèges israéliens ont entrepris de détruire le Liban l’an passé. Ce serait vraiment très déplacé. Voici un homme marqué par un très profond sens moral de sa mission ; les commentateurs l’ont rappelé toute la journée. Toujours souriant et volontaire ; il fallait sauver l’Irak, il est assuré d’avoir fait ce qu’il fallait. Les manipulations des services secrets : « qu’importe que je sois de mauvaise foi, puisque je lutte pour la bonne cause !» "Qu'importe que je lutte pour la mauvaise cause, puisque je suis de bonne foi!" Non mais, des fois... Mais quand même 600.000 morts civils et militaires irakiens, un million de déplacés dans le pays, deux millions d’émigrés à l’étranger… : « qu’importe que je me sois trompé puisque c’était pour la bonne cause ; qu’importe ma mauvaise foi…puisque je suis de bonne foi » Et toujours la forme, l’allant, le sourire ; quelle santé. « J’ai fait ceci, dit ma mémoire, impossible, dit mon orgueil ; finalement c’est la mémoire qui cède » écrivait Nietzsche… Et Tony de sourire ; la veille, le jour et le lendemain, il était, comme la petite châtelaine de la chanson : « toujours souriant » : Un jour une petite chatelai-ai-ne Enlevée par des romanichels Fut mise dans une chambre malsaine Tout en haut d'la rue Saint-Michel La p'tite au caractère rieur Prit joyeusement son malheur Le lendemain, elle était souriante À sa fenêtre fleurie chaque soir Elle arrosait ses petites fleurs Grimpan-an-antes Avec de l'eau de son p'tit arrosoir. ** Les brigands furieux de la voir ri-i-re Lui attachèrent les mains, les pieds Puis par les cheveux la pendi-i-rent Au plafond, en face du plancher Puis la laissant là les voyous Allèrent chez l'bistro boire un coup Le lendemain, elle était souriante À sa fenêtre fleurie chaque soir Elle arrosait ses petites fleurs Grimpan-an-antes Avec de l'eau de son p'tit arrosoir. ** Les bandits jaloux d'son coura-a-ge Un soir à l'heure de l'Angélus La jetèrent du sixième éta-a-ge Son corps tomba d'vant l'autobus L'autobus qui n'attendait qu'ça Sur la belle aussitôt passa Le lendemain, elle était souriante À sa fenêtre fleurie chaque soir Elle arrosait ses petites fleurs Grimpan-an-antes Avec de l'eau de son p'tit arrosoir. ** Mais les assasins s'acharnè-è-rent Sur elle à coups d'pieds, à coups d'poings À coups de couteau la lardè-è-rent Pour lui faire passer l'goût du pain Et pour en finir les ch'napans Ils la noyèrent dans l'océan Le lendemain, elle était souriante À sa fenêtre fleurie chaque soir Elle arrosait ses petites fleurs Grimpan-an-antes Avec de l'eau de son p'tit arrosoir. ** Au moment où la pauvre fille Allait remonter les flots Un sous-marin avec sa quille Coupa son corps en deux morceaux Puis une torpille qui éclata Fit voler le reste en éclat. Le lendemain, elle était souriante À sa fenêtre fleurie chaque soir Elle arrosait ses petites fleurs Grimpan-an-antes Avec de l'eau de son p'tit arrosoir. ** La tempête le vent et l'orage Soulevèrent les vagues de l'océan La petite lutta avec courage Bravant le terrible ouragan Mais le tonnerre à ce moment Tombe et foudroie la pauvre enfant Le lendemain, elle était souriante À sa fenêtre fleurie chaque soir Elle arrosait ses petites fleurs Grimpan-an-antes Avec de l'eau de son p'tit arrosoir. ** Elle disparut dans l'eau profon-on-de Une baleine lui bouffa les mains Sa jolie chevelure blon-on-de Fut arrachée par les requins Un p'tit maquereau qui s'balladait Lui barbota son porte-monnaie Le lendemain, elle était souriante À sa fenêtre fleurie chaque soir Elle arrosait ses petites fleurs Grimpan-an-antes Avec de l'eau de son p'tit arrosoir. ** Vous croyez p'tète qu'elle en est mor-or-te Et cependant il n'en est rien Malgré cette secousse un peu for-or-te La p'tite ne se sentait pas bien Elle prit pour se remettre d'aplomb Un p'tit cachet d'Piramidon Le lendemain, elle était souriante À sa fenêtre fleurie chaque soir Elle arrosait ses petites fleurs Grimpan-an-antes Avec de l'eau de son p'tit arrosoir. A propos de ce que j’écrivais concernant le sort des Palestiniens bloqués entre le Hamas et Israël, sort dénoncé par nombre d’Israéliens, car ce pays est une démocratie indiscutable, nul n'en doute. Je vous conseille la lecture d’un article publié dans Le Monde daté du 26 juin, page 5, présentant l’analyse de la situation par Matti Steinberg : Mahmoud Abbas "incarne maintenant la stabilité, ce à quoi aspire la Cisjordanie, mais il va être jugé sur ses résultats, et s'il n'est pas capable d'en apporter, l'opinion se retournera vers le Hamas.[…] . Le vrai sujet est là. Il faut donc raviver un processus politique, rendre la perspective de deux Etats (israélien et palestinien) à nouveau envisageable."[…] "En Israël, on se plaint de la faiblesse d'Abou Mazen, mais le problème est en nous." "Il faudrait qu'Israël apprenne que la négociation, ce n'est pas nécessairement l'adoption des positions d'Israël[…]. Je repense à ces images très connues du sommet de Camp David en 2000, où l'on voit (Ehoud) Barak pousser fermement (Yasser) Arafat, qui n'en peut plus. Tout un symbole. Il faut qu'Israël, lorsqu'il est un partenaire, ne se comporte pas comme un patron."
02:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tony Blair, Hamas, Israel, Liban, Irak
jeudi, 21 juin 2007
Éloge de la fuite, mon Gaillard...
Éloge de la fuite , c’est le titre d’un livre remarquable d’Henri Laborit ; celui auquel on doit le scénario et le texte du film : « Mon Oncle d’Amérique », dont le leitmotiv est au fond : « Nous sommes faits comme des rats », au sens premier de l’expression. Son propos est simple : la vie des mammifères que nous sommes nous confronte à des situations de stress et d’agression. Devant l’agression trois réponses seulement sont possibles : la riposte agressive – le rat s’attaque à son tour à son agresseur -, l’auto-gression – celui qui est attaqué retourne l’attaque, l’agression, sur lui-même, et développe un ulcère, un cancer, met fin à ses jours consciemment, par le suicide, ou inconsciemment, par l’accident – ou la fuite. Courage fuyons ; si ce n’est du courage – encore que…- c’est au moins l’intelligence de la survie. On échappe ainsi à l’agressivité ou à la connerie ambiantes ; inutile de discuter avec les imbéciles, ils ne vous lâcheront pas. Fuir la connerie ambiante et/ou éteindre la télé. Le problème, c’est aujourd’hui, pour les Palestiniens, de pouvoir fuir leur enfer. Château Gaillard : une recette exemplaire qui fait des petits ; c’est avec les vieilles recettes qu’on fait la bonne soupe ! En août 1203, Philippe-Auguste attaque le duché de Normandie et assiège le verrou stratégique de Château Gaillard. En décembre, les assiégés chassent vieillards, femmes et enfants qui s’étaient réfugiés au château. Les assiégeants refusèrent de les laisser passer : ils moururent donc de faim entre les lignes de défense des anglo-normands et celles des Français ! - C’était hier, en des temps barbares ! - Vous croyez ? Aujourd’hui on peut lire, dans Le Monde : "Au plus fort des combats entre le Hamas et le Fatah, 700 candidats à l'exil se sont bousculés devant Erez", Les autorités israéliennes ont laissé passer les ressortissants étrangers, mais les Palestiniens, hommes, femmes et enfants, ont été refoulés. "Les plus motivés se sont installés dans le 'couloir de la mort' (un long corridor qu'empruntent habituellement les Palestiniens autorisés à se rendre en Israël) dans l'attente d'un miracle". Lorsque des islamistes ont tiré sur les "traîtres", Tsahal a mis 20 heures à autoriser les 6 blessés graves a être évacués ; les autres sont restés étendus au soleil, "malgré leurs blessures et leurs supplications". L'éditorial d'Haaretz, citant la Torah, supplie le gouvernement : "Ouvrez les portes immédiatement", d'autant que l'argument de Tsahal - qui craint que ne se cachent des terroristes au sein des réfugiés - fut aussi utilisé pour interdire aux juifs de fuir l'Holocauste. Yediot note que le ministre de la défense autorise Tsahal à soigner les blessés, mais leur refuse le droit de passage, arguant que leur sort dépend de l'Autorité palestinienne, pas de l'État d'Israël".Le couloir de la mort ! L’expression est parlante. N’est-ce pas là une nouvelle forme de guerre préventive à la Bush, la « Busherie » ? Pourquoi laisser passer ces femmes qui donnent le sein à un nourrisson ? Plus tard ne sera-t-il pas un militant ; le laisser mourir tout de suite, c’est peut-être éviter un attentat plus tard ! Et puis c’est tellement biblique tout cela ! « Les parents ont mangé les raisins verts, les enfants ont les dents agacées »… Cet enfant, c’est sans doute un terroriste ; cette femme usée par l’âge et les privations aussi…Belle logique que cette logique-là qu’on a déjà connue entre d’autres temps pas si éloignés ! Le juste assassiné Isaac Rabin expliquait qu’on fait la paix avec ses ennemis ; la paix a un prix, la guerre aussi, la mort aussi, on choisit. Manifestement dans cette région du monde le problème est celui du déni du droit à l’existence. Le monde arabe refusait de reconnaître le droit à l’existence de l’État d’Israel, mais le gouvernement israélien refuse aujourd’hui le droit à l’existence d’un État palestinien viable ; qu’est-donc sinon refuser aux Palestiniens le droit d’exister vraiment, de vivre, tout simplement. J’écoutais hier les propos des chrétiens étatsuniens sionnistes ; oui ça existe ! Ils dénient véritablement aux Palestiniens le droit à l’existence, comme autrefois leurs ancêtres le faisaient à l’égard des Indiens ; leurs propos ne sont pas d’une autre nature que ceux du général Sheridan dans les années 1870. Vivre, c’est pouvoir bouger, partir, échanger. L’union européenne avait entrepris de construire un port et un aéroport à Gaza, que Sharon a fait détruire systématiquement. La bande de Gaza est devenue une prison à ciel ouvert, un ghetto. La Cisjordanie est démantelée, morcelée par les colonies, les routes, les implantations israéliennes. Tout est fait pour que les habitants ne puissent y vivre en paix. Revenons-en à Laborit Quand on met deux rats dans un sac, ils se battent jusqu’à ce que mort s’en suive. Mettre deux peuples sur le même territoire de Palestine c’était une défausse malhonnête des grandes nations, pour donner des garanties au peuple juif en raison des souffrances de la Shoah. L’État juif avait été supprimé par les Romains après Massada, en 73 après Jésus-Christ ! Mais les Juifs affirment que c’est le pays qui leur a été donné par Dieu !Que répondre à cela ? Beau titre de propriété ! Et ceux qui habitaient le pays ; n’auraient-ils donc que le droit de mourir ? Rabin est mort victime d’un fanatique enflammé par les propos de haine de la droite israélienne qui appelait à son élimination. Sharon porte une part importante du déclanchement de la seconde Intifada ; Arafat porte une responsabilité au moins aussi grande de n’avoir pas répondu positivement aux propositions courageuses de Barak ! Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? Sharon a entrepris la construction du mur ; choix peut-être maladroit - qui peut se comprendre - mais ne saurait être acceptable que s’il se faisait sans multiplier les destructions et les spoliations des biens et des maisons qui appartiennent aux Palestiniens. Choix de toute façon intenable dans la durée, comme la muraille de Chine et le mur de Berlin… Lui et ses proches ont fait la politique du pire, qui est toujours la pire des politiques. La paix ne peut se faire que par des négociations et non par des décisions unilatérales. Ils ont volontairement joué le Hamas contre le Fatah ! C’est gagné ! Juifs et Américains en ont appelé à des élections démocratiques puis refusé de nouer tout contact avec le Hamas après sa victoire électorale. Ils ont joué le pourrissement et ce qui se passe était inéluctable : deux rats dans un sac, deux factions sur un même territoire ne peuvent conduire qu’à un affrontement mortel. Je t’échange ta veste contre ton pantalon Quant à jouer maintenant la carte du Fatah en Cisjordanie, c’est une illusion. Quelle sera sa légitimité ? Elle sera nulle ? Israël se dit prêt à des concessions ; il n’y a pas de concessions possibles vis-à-vis d’un peuple auquel on a pris son pays. La seule solution serait de rendre au peuple palestinien outre Gaza, l’intégralité de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est et de reconstruire toutes les infrastructures que l’Europe était en train de mettre en place. Mais la violence… La situation qui est actuellement faite au peuple palestinien est d’une violence absolue. Que peut-il faire ? Riposter ?...Mais il est tenu à la gorge et ne peut rien faire ; il ne peut plus que tenter de lancer des roquettes, ou reporter la violence sur lui-même comme il vient de le faire. Les Israéliens et les Palestiniens ont le droit de vivre, d’avoir, chacun, un État viable, faute de quoi la paix ne s’installera jamais ; dans ces conditions quelle pourrait être, à terme, la légitimité d’Israël ? En attendant, j’aimerais savoir ce que les Suisses, qui ont accueilli des Juifs fuyant l’Allemagne nazie pensent de la situation faite actuellement aux Palestiniens qui veulent fuir Gaza ? Qu’en pensent les Justes, encore vivants, qui ont, au péril de leur vie, recueilli des Juifs sous l’occupation, qui ont aidé les adultes à fuir, élevé les enfants ? Qu’attendent-ils pour dénoncer, en tant que survivants, sauvés par des Justes, pour dénoncer une pratique innommable pour un pays et un peuple civilisés ? Comment ne pas redire ici, en terminant, mon admiration pour l’un des plus grand s intellectuels du moment , George Steiner pour lequel le nationalisme est peut-être une maladie incurable de tous les peuples et qui affirme hautement, en tant que Juif, que le peuple juif est le seul peuple qui ne puisse se permettre d’y succomber.
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