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jeudi, 31 janvier 2008

Vous avez dit connard ! Comme c'est connard!

Le prof demande à l'élève de débarrasser ses affaires. Celui-ci ne s'exécute pas, le prof vire les affaires.
L'élève traite le prof de connard
Le prof giffle l'élève, s'il avait signalé l'affaire au principal on lui aurait dit de ne pas faire d'histoires.
Le pandore-père du charmant bambin vient, en costume faire le foin.c74fe570072cf81860bf8489c994bb46.jpg
Le prof passe 24 heures en garde à vue, il est suspendu par le rectum d'Académie et va passer en jugement!
30 ans que ça dure! De pire en pire, les profs ont le droit de se faire insulter, poignarder, tuer, parfois,mais sans rien dire!
Chapeau! Et on nous demandera d'avoir de l'autorité!
Que se passe-t-il si demain je dis traite le pandore qui me demande mes papiers de connard? J'aurai beau argumenter que ce n'est pas un jugement de valeur!!!
Nous accompagnions un groupe d'élèves en Espagne, contrairement à ce qu'on dit, ce n'est pas du tout des vacances mais une astreinte de 24 heures sur 24!
Première journée, nous rentrons tard, il avait fallu raccompagner tous les élèves car l'un d'eux avait été victime d'un vol.
23 heures, coup de fil du principal qui appelle de St Lô, le père d'un autre élève se plaignait que son fils fût logé dans un gourbi. Le principal fait d'emblée confiance au discours du père, pas aux profs !!! Il faut aller vérifier...Tout était très bien, pas de gourbi, une belle chambre, des hôtes charmants...mais le bambin était fâché, il était logé à 500 mètres de sa copine!
Un élève est enfin exclu après des multitudes d'incorrections...Dans la semaine qui suit, coup de fil de l'Inspecteur d'Académie qui ordonne au chef d'établissement de réintégrer l'élève car il doit aller à un collège, distant de 3 kilomètres, alors vous comprenez...de toute façon c'est un ordre!
30 ans que ça dure! Et on demande aux enseignants d'avoir de l'autorité ! Tout subir, et avoir de l'autorité!
Les gendarmes, eux, ils en ont - de l'autorité - avec leur bel uniforme
Le problème est de savoir dans cette affaire le degré relatif de connerie et de lâcheté. Ne tergiversons pas, redisons avec Confucius 100% dans les deux cas!82c838fd3cdf25a9fabd769fdefe3a8b.jpg

Sandrine et le polytechnicien

Je viens d’écouter, sur France Culture, Sandrine Bonnaire présenter le film qu’elle vient de consacrer à sa sœur. Que d’intelligence et de sensibilité vraie dans la réalisation et le présentation de ce film qu’elle définit, à juste titre, comme « politique ». Dans le même temps, les médias nous occupent avec le déferlement d’informations (c’est un bien grand mot) et d’analyses ( !?) concernant l’affaire de la Société Générale.

b4b1ded7c79f64cb61f97890c4f1b376.jpgSandrine Bonnaire et se sœurs ont été scolarisées dans des classes de CPPN. Une partie de l’encadrement de la Société Générale sort de l’X, la Société Générale est même la banque et l’endroit de Paris où il y a le plus de polytechniciens au mètre carré, ou en pourcentage par rapport au nombre d’employés…Cherchez l’erreur !e8873e016662b1d7bc6cd074db2c15df.jpg

Il faut que les pauvres soient très très pauvres pour que les riches puissent être très très riches !

Une « aristocratie », une Nomenklatura sans pitié dans une démocratrie d’apparence !

Nous sommes si fiers de notre République et de notre démocratie que nous entendons donner des leçons à tout le monde, ce qui insupporte gravement les citoyens de pays où les pratiques sont authentiquement démocratiques, les Etats du Nord de l’Europe, par exemple, qui sont des démocraties vraies et dans le même temps des monarchies constitutionnelles.

La troisième République, la quatrième- si villipendée, en partie injustement – et la cinquième - jusqu’au renvoi de Chaban - ont été (très) imparfaites, mais elles ont fonctionné (plus ou moins bien ou mal) sur un consensus global même s’il demeurait approximatif : un contrat social, certes imparfait, mais qui avait l’avantage d’exister et d’instaurer des solidarités en même temps qu’une mobilité sociale.

Cette mobilité sociale pouvait permettre à un petit-fils de paysan de devenir président de la République, ce fut le cas de Pompidou, triste exemple cependant, d’un maquignon de la politique qui avait quitté l’enseignement pour le monde des affaires…et des affaires, Dieu sait s’il y en eût avec lui qui devait faire entrer Chirac dans la carrière, Jacquounet patronné par Marie–France Garaud et Pierre Juillet, homme de coups tordus…

Pantoufflage et brigandage

Depuis 35 ans, les affaires financières douteuses, assassinats, « suicides » et carambouilles se sont multipliés ; les états-majors des partis ont exigé le « piso » en toutes circonstances, comme dans les affaires des marchés truqués des lycées d’Ile de France, mais ne sous y trompons pas ce n’est là qu’un cas parmi des centaines d’autres.

A propos, combien de ces malandrins sont-ils allés en prison ? Combien de temps ?

Et les emplois fictifs ? Et la tête, et le bec ? alouette ?…

Parlons pantouflage.

Revenons à ces majors de L’X, énarques, inspecteurs des finances qui sont directement intégrés dans le management de nos grandes entreprises, c’est-là la pratique aberrante de notre capitalisme d’héritiers qui nous conduit régulièrement à des catastrophes, avec ou sans pratiques malhonnêtes. Certains sont simplement incompétents parce que leur formation ne correspond en rien à ce dont l’économie et l’entreprise ont besoin.

Il faudrait réécrire l’histoire de la société informatique Bull qui a coûté des sommes gigantesque au budget, et toujours le président de la République nommait un de ces énarques ! N’oubliez pas que le président détient là un pouvoir bien plus considérable que Louis XIV ; il nomme plus de 4000 dirigeants de grandes entreprises ; Sarko Ier avait dit qu’il changerait cela ! On verra.
Le patron ainsi nommé quittait le poste quelques mois plus tard, ayant plombé les finances et ruiné l’avenir de la société, mais avec des indemnités conséquentes ; aucune importance, cela ne sortait pas de la famille

Une Nomenklatura

Depuis 35 ans, nos chères (car elles nous ont coûté vraiment très très cher) élites autoproclammées, sont sorties de nos grandes écoles sont devenues des chasses gardées, réservées : « nul n’entre ici s’il n’est fils de… » !
Hier on distinguait avec Bourdieu héritiers et boursiers, maintenant, ne cherchez pas, il n’y a plus que des héritiers ; je ne suis pas le seul à le dire, Gandois (ancien patron des patrons, Bébéar (ancien patron d’Axa), Michel Albert (ancien commissaire au plan) le disent également). En 1973, Jacques Kociusko Morizet, père et fils de polytechniciens et polytechnicien lui-même écrivait un livre : La mafia polytechnicienne. Et pourtant, ce n’était rien encore, qu’on en juge : en 1970, un peu plus du quart des étudiants des grandes écoles (pour ne pas prêter à confusion, je parle ici des cinq grandes écoles les plus prestigieuses) venaient des classes modestes ou de la low-middle class, ce pourcentage est passé à 15% puis 10 puis 6% en 1995 pour atteindre aujourd’hui 1% comme l’établit Michel Albert dans son dernier rapport paru en 2006-2007.
On est entre soi, on se serre les coudes, on bloque toutes les portes. La situation est la même qu’à la fin de la Monarchie de Juillet : une seule classe détient tout le pouvoir politique et économique.

La boite aux images de la grande truanderie : le jeu de bonneteau

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Comment tout ceci est-il possible ? Demandez-le donc aux « amis de Monsieur » qui ont investi les médias. Le phénomène n’est pas tout à fait nouveau ; il y a belle lurette qu’on fait pleurer Margot sur le sort de Mimi Pinson ou de Farah Diba, pendant ce temps là : « on ne fait pas de politique »...

Mais désormais les médias amis du pouvoir multiplient les émissions d’abrutissement complet qui, comme la pratique des Givaros, réduisent la tête des téléspectateurs. La peopolisation est bien sûr démocratique dans les émissions, vous y voyez, tous les jours le président, son conseiller Gaino, les people : sportifs, acteurs, chanteurs ( ?), et Fogiel, et Guillaume Durand, et FOG, bref toute la tribu des von Arshloch, de la télé, des médias, de ces journaux de référence comme The World, que le monde entier nous envie.

Et pendant ce temps là

Pendant ce temps là, dans notre société de castes, les solidarités, comme les sympathies sont horizontales : Neuilly avec Neuilly, les polytechniciens avec les polytechniciens, les SDF avec les SDF. Il ne faut pas tout mélanger, les indemnités de Forgeard et la situation des SDF ; les étudiants de l’université et ceux des grandes écoles, ces derniers représentent 4% du contingent mais 30% du budget de l’enseignement supérieur. Les premiers sont contraints de multiplier les petits boulots, les autres sont payés largement depuis le début.

La sélection en milieu scolaire, CPPN et Normaliens…

Pour avoir enseigné 30 ans en collège, je sais, par expérience, que la constitution de classes de type CPPN s’est faite, exclusivement, même si c’est parfois inconsciemment, sur des critères sociaux. Je pourrais multiplier les exemples, donner les noms, les lieux et les dates. Tel fils de principal de collège, insupportable, agité, instable et aussi tordu que son père, a été maintenu pendant toute sa scolarité dans un cycle scolaire « normal », d’autres ont été, en cas de besoin, envoyés, discrètement, dans le privé. En revanche, tel(le) autre, fils ou fille de famille nombreuse, dont le père était manœuvre ou sans emploi, et celui qui était élevé par sa mère seule, se retrouvait dans l’une ou l’autre de ces classes de relégation que j’ai fait supprimer, dès que je l’ai pu, là où je suis passé.
Mais il faut reconnaître qu'une partie des enseignants considère « naturellement », comme la société, qu’il y a élèves et élèves. Combien de directeurs d’écoles des arrondissements populaires de Paris constituaient des classes parallèles : un CP avec les Dupont, Durant, Dubois, l’autre avec « les autres »…

J’ai enseigné la philosophie un an au lycée de Vernon, en remplacement d’un collègue, agrégé, normalien supérieur qui faisait son service militaire. Quelques années plus tard, il est devenu directeur de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon (transfert de l’école Normale de Saint-Cloud). Un petit scandale survint lorsqu’il apparut que le budget accordé pour la bibliothèque de cette école prestigieuse était totalement disproportionné par rapport aux budgets des universités lyonnaises…
Mon collègue s’en défendit : on n’allait tout de même pas comparer un Normalien supérieur à un étudiant de l’université…30384f6b4455ce971708fe0a48c73c0a.jpg
Bref, on en est là ! Le bateau coule. L’amiral-président Sarko Ier peut monter sur le pont.
Même pas la peine de former des chercheurs puisqu’on ne peut/veut les payer.
Il faut faire de la rente pour les gens de Paris. « Maintenant, si on veut un boy, il faut le payer »…
On ne veut pas les payer. Quand il fut question de décentraliser une formation de l’université de Caen à St Lô, le représentant des pharmaciens dit s’adressant au président de l’université et au directeur du Ganil : « Vous vous rendez compte, si on leur donne des formations et des diplômes, il faudra les payer… »
Pas la peine, je voyais hier un jeune chercheur, biologiste, qui vient d’être recruté à Singapour ; il s’en trouve très bien, là bas, il est payé et considéré. On vient d’annoncer qu’on va rémunérer les étudiants qui doivent multiplier les stages, ils vont toucher 300 euros par mois. C’était déjà ce que touchait une de mes anciennes étudiantes dans une multinationale qui a son siège social à Paris !
Que demande le peuple ! Si ces stagiaires n’ont pas de famille pour les loger, ce qui est le cas le plus souvent, comment font-ils/elles ? Certain(e)s deviennent des occasionnel(le)s. N'est-ce pas un métier aussi que le plus vieux métier du monde, sacré nom d'une pipe!7fb13f54d519079ed672805eb7f018f8.jpge15aec53e1f565632547ad98ae1d4804.jpg
Une société qui n’est pas capable d’assurer l’avenir de sa jeunesse, et le présent des plus démunis est une société indigne !

mardi, 29 janvier 2008

La France paiera

On pense à moi pour une place, mais par malheur j'y étais propre: il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l'obtint. Il ne me restait plus qu'à voler; je me fais banquier de pharaon: alors, bonnes gens! je soupe en ville, et les personnes dites comme il faut m'ouvrent poliment leur maison, en retenant pour elles les trois quarts du profit. J'aurais bien pu me remonter; je commençais même à comprendre que, pour gagner du bien, le savoir-faire vaut mieux que le savoir. Mais comme chacun pillait autour de moi, en exigeant que je fusse honnête…

Ne nous y trompons pas, la France c’est vous, moi, pas tous ces puissants qui vivent aux frais de la princesse !
C’était pas la peine assurément de changer de gouvernement, comme chante l’autre…
Nous sommes si fiers de notre démocratie qui l’est si peu « démocratique », comme nous d’ailleurs, et de notre République, si bananière, pourtant.
Quelques mois avant la présidentielle de 2002, nous pestions, un quidam et moi devant les scandales qui entouraient Chirac et dénoncions cette république nananière.
Le kiosquier intervint dans la conversation et nous dit : « il a bien raison, si je pouvais en faire autant »
Voici le résultat d’une dérive qui commence en gros avec la fin du gaullisme, non que le régime gaulliste ait ét exempt de coups tordus, ni la quatrième, ni la troisième République. Mais depuis lors les vannes sont grand ouvertes, chacun se sert allègrement.
Take the money and run, prends l’oseille et tire-toi, tel est l’alpha et l’oméga, la Bible et l’Evangile.
Ils se sont tous servis au pouvoir, pour le reste, quand il y a un scandale, ils ne sont pas coupables. Alors il faudra dresser le catalogue :
Le hold up de la poste de Strasbourg
Les décès de de Broglie et Boulin et les autres, le Crédit lyonnais
Executive life et la dénonciation faite par Marlan, le fils d’un héros et martyr de la résistance…
Et la France doit payer
Et la caisse de l’UIMM, qui provient d’où, sinon des détournements de fonds de la restructuration de la sidérurgie française, il n’y en a plus de sidérurgie française, bazardée…et après on pousse des cris de pucelle outragée si M. Mital ne tient pas ses promesses
Et la vente par Lagardère de ses parts dans EADS, une vraie partie de bonneteau. Lors de la fusion Matra/Lagardère-Airbus, le pouvoir décida que les parts étaient égales alors qu’Airbus apportait 8 ou 10 fois plus que Lagardère.
Puis celui-ci vend la moitié de ses parts et engrange plus-values et stock options !
Et notre ami Forgeard
Et tous les autres, les amis de Monsieur
La guerre est aujourd’hui, économique (pas seulement)
Quand je pense qu’on a fusillé Mata Hari et que le Monsieur Afrique d’Elf, qui a carambouillé toute sa vie pour ces gens qui nous gouvernent…a été condamné à quatre ans de prison…
Oui
Et il est sorti au bout de quatre mois…
Alors les petits veulent faire comme les grands !

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