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mardi, 22 avril 2008

J’sais pas quoi faire ! Qu’est-ce qu’on va faire ?

J’sais pas quoi faire ! Qu’est-ce qu’on va faire ?115886421.jpg

Bon anniversaire.

Encore quatre ans à tirer.

La semaine dernière j’ai entendu, une seule fois, car ensuite il y a eu un black out là-dessus, une remarque acerbe d’Attali :
1940252878.jpg « si Sarkozy ne fait pas passer dans les 3 mois les réformes proposées par la commission que j’ai présidée, son action sera terminée, il aura cessé d ‘être président au bout d’un an, comme Mitterrand en 1982 ».

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Ce serait signe que pour le conseiller des princes, il resterait un espoir.

A mon sens, pas vraiment.

J’avais indiqué dans un journal de campagne que Sarkozy risquait de se mettre en torche,1651703692.jpg d’autant plus qu’il était évident qu’il y avait chez lui une vulnérabilité (en fait il y en a bien d’autres qui lui sont liées) : la personne forte, celle qui lui permettait d’exister politiquement, c’était Cécilia, et les choses semblaient mal engagées, depuis qu’elle avait dit qu’elle ne se sentait pas dans la peau de la première dame de France. Vulnérabilité renforcée par la pipolisation qui le tenait comme un vice rédhibitoire et qui est vraiment la vérole du monde actuel.

Il a été élu non parce qu’il avait un bon programme, mais un programme, même mauvais, très mauvais, avec le soutien des groupes de presse, des médias, privés, qui font partie de la compagnie – Bouygues, Bolloré & consorts… - et publics : les amis de la brosse à reluire.
Mais la question la plus grave, qui rend la vie politique française catastrophique, c’est le désordre considérable de la conscience politique de nos concitoyens, les votes aberrants et alternatifs. Hollande criant victoire après les régionales alors que la gauche n’avait pas gagné même si la droite avait perdu. Le NON au traité constitutionnel, aussi intelligent que le fait de bousculer une athlète handisport chinoise.
Alors les Français saisissent n’importe quelle cause pour exhiber leur désarroi ; Les souteneurs du PSG sont prêts à tuer n’importe qui, le président de reporters sans frontières est prêt à engager n’importe qu’elle action qui le fasse exister, quel que soit le prix à payer. Delanoë, qui avait fait un parcours remarquable commence à faire passer le calcul présidentiable avant la raison politique. Il rejette le Modem, qu’il fallait, au contraire inciter à se rapprocher de la gauche (puisque, pour gagner, la « gauche » devra nécessairement trouver un appui au centre, puisque l’extrême gauche ne soutiendra le PS que comme la corde, le pendu) ; il fait le Dalai Lama citoyen d’honneur de la ville de Paris: rovocation inutile et stupide.146814433.jpg

Certes, le côté impulsif appartient à la Furia Francese : nous préférons perdre les batailles avec panache que les gagner avec intelligence, ce pourquoi on se fait régulièrement berner par les Anglais (par exemple, Londres, ville olympique à la place de Paris, Delanoë devrait s’en souvenir).

A la libération, la France a fait preuve d’une vitalité remarquable, culturelle, économique et politique (mise en place du marché commun). Sa grande faiblesse a été la décolonisation ratée. Mais, avant de Gaulle, et après lui, jusqu’au renvoi malpropre de Chaban par Pompidou,1528512143.jpg maquignon de la politique et mercenaire agissant pour les milieux d’affaires, il existait un véritable Contrat Social, une véritable démocratie en acte, c’est-à-dire une société de promotion et de mobilité sociale.

Depuis Pompidou, Chirac, Juillet, Garaud et toute la clique,1477662946.jpg la Nomenklatura politique, toutes couleurs confondues, n’est plus au service du pouvoir mais se sert du pouvoir. S’en met plein les poches, truste tous les postes, et le pouvoir politique et économique.
La société est bloquée. L’équipe Chaban, Delors, Nora, Crozier entendait se défaire de ces blocages au moment où ils se mettaient en place et rendaient la situation dangereuse.
L’éviction de Chaban, l’élection de Giscard, puis le travail de sape de Chirac, les choix économiques aberrants de Mitterrand en 81 qui ont plombé les 13 années suivantes de ses deux septennats, ont abouti à la situation actuelle.

Le pouvoir, quel qu’il soit, est discrédité. Comment voulez-vous que celui que je ne regarderai pas jeudi puisse annoncer quelque chose. Il (s')est totalement discrédité.
Comment Chirac aurait-il pu demander des sacrifices aux Français, qui en faisaient déjà beaucoup, alors que ce n’étaient qu’affaires malhonnêtes, que la devise de la chiraquie était : « take the money and run ».
Que peut dire Sarkozy ? Il me fait penser à ces profs qui organisent le foutoir dans leur classe, parce qu’ils sont incapables de mettre de l’ordre dans leur tête et leurs pratiques, et qui tout un coup, quand le chahut est considérable, croient pouvoir rétablir la situation en poussant une colère : « Si vous continuez comme cela, je vous fous à la porte ».
Ca ne marche jamais, ils ne peuvent jamais se refaire, leur réputation les suit, les précède même. Que pèse aujourd’hui Sarkozy sur le plan international ? Les Européens attendent la « direction » de la France avec inquiétude et ironie.
Alors, bien sûr, il n’est pas le seul ; son comparse Berlusconi vient d’être réélu, Bush est encore la pour six moi, le temps de faire encore une ou deux conneries, il aimerait bien quand même bombarder l’Iran, entre autres pour faire plaisir à l’Etat Hébreux qui ne veut de la paix à aucun prix, le Hamas non plus.


Et pendant ce temps-là …

Pendant ce temps-là, l’ectoplasme socialiste danse le tango. Tiens, ils ont renoncé à la prise de pouvoir par la Révolution ; tiens ils reconnaissent qu’il existe une chose qui s’appelle le marché. Certes, il faudrait le réguler.
Mais les avez vous entendus faire une analyse de la gigantesque crise économique mondiale ? De la question des subsistances et de la famine (ils ont été 15 ans au pouvoir, les problèmes actuels relèvent d’abord de la politique des pays riches qui ont organisé, systématiquement, la ruine des agricultures vivrières des pays du Sud) ? Poser clairement le problème du scandale de l’exploitation des sans papiers, qui travaillent et sont obligés de vivre d’une façon inadmissible depuis 10 ans ? Avez-vous vu Hollande organiser une conférence de presse pour traiter de la question ?1263808.jpg275428211.jpg

L’autre soir, à l’émission de Taddéi, la romancière Christine Arnothy, qui vit en Suisse, Faisait cette remarque de simple bon sens : les choses ne se passeraient pas ainsi s’il existait véritablement une opposition de gauche crédible.
Mais à gauche, Madame, ils ont fréquenté le même pouvoir et ils ont les mêmes tares. Ils appartiennent à la même Nomenklatura ; leur seul problème actuellement est de savoir quel est celui qui pourra devenir Calife à la place du Calife.1306712469.jpg

Et pendant ce temps-là, d’Aboville ramait…

On comprend donc, il est urgent pour ces gens-là,1810485360.jpg d’assassiner, politiquement parlant, Bayrou.874403725.jpg Bayrou, ce n’est pas le Pérou, mais c’était un espoir de renouveau démocratique ;1833422209.jpg nous avons eu le choix, Ségolène a refusé de céder sa place à Rocard, elle était sûre de perdre, sa victoire à lui était probable…
Mais voilà, depuis bien longtemps maintenant, les Français ont choisi l’irréalité. Le port de Marseille qui est passé du 24e au 84e rang mondial se remet en grève, certain que cela va faire progresser le schmilblick.1055211619.jpg
Mais, n'en doutons pas, nos analystes politiques distingués vont souligner notre remarquable intelligence politique.

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