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mardi, 01 avril 2008
Non à l'engagement renforcé des troupes françaises en Afghanistan !
Les fous de guerre (suite)
Si la France était une démocratie, le pays ne s'engagerait pas dans une guerre sur une simple décision du Président, contraire avec ses engagements électoraux.
C'est là un déni de démocratie.
Rappelons qu'après la seconde guerre
mondiale, la France s'est ainsi fourvoyée en Indochine ; conflit déclenché de façon inopportune après le bombardement de Haïphong le 23 novembre 1946, sur ordre du colonel Débès, mais en fait de l'amiral d'Argenlieu, qui bien ne prit sans doute pas sans cette décision sans l'accord de de Gaulle, qui avait quitté le pouvoir le 21 janvier précédent.
Or, Sarkozy sait très bien, puisqu'il a participé au scénario du très intéressant film : « Neige d'Indochine », qu'il était tout à fait possible d'éviter la guerre d'Indochine, puisqu'en mars de la même année, Leclerc, héros de la campagne de France, et Sainteny, délégué général de France dans la région, avaient signé un accord avec Hô Chi Minh, francophone et francophile, mais aussi communiste, accord que les parlementaires français refusèrent de valider à la conférence de Rambouillet.
D'Argenlieu décida, pour le compte de l'armée, et des « intérêts » français d'engager le pays dans la guerre, sans que les citoyens eussent à en décider.
A la Tousaint 1954, la guerre française d'Indochine à peine terminée, ce fut le tour de l'Algérie. Mais il ne s'agissait, selon le mensonge convenu, que « d'opérations de pacification ». Combien de meurtres, de tortures, d'assassinats au nom de ce mensonge !
Dans le premier cas, il s'agissait de conserver « L'Empire français », dans le second, d'affirmer comme le fit Mitterrand : « L'Algérie c'est la France, la négociation, c'est la guerre! »
Le bilan de la guerre d'Indochine se chiffre à 82000 soldats français et étrangers engagés sous notre drapeau, auxquels il faut ajouter le nombre très important, mais inconnu, de prisonniers de l'armée française qui moururent durant leur captivité et qui reste inconnu.
Le Viêt-Mminh eut très probablement des pertes supérieures.
Au total, 500 000 personnes civiles ou militaires perdirent la vie durant ce conflit.
http://www.histoquizcontemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/guerreindochine
On ignore généralement qu'au début du conflit, nos amis américains fournirent au Viet-Minh des armes contre l'armée française... « Ces choses-là sont rudes, il faut, pour les comprendre, avoir fait des études... » écrivait le poète.
Nos amis américains voient grand, dans leur guerre du Vietnam, s'ils durent compter la perte de 58000 GI's, ils tuèrent 2 à 3 000 000 de Vietnamiens et détruisirent une partie des forêts avec « l'agent orange »; l'écologie du système n'y trouva pas son compte, la firme Monsanto, si !
58 000 GI's, certes, mais le lobby militaro-industriel tourna à plein régime !
L'Algérie !
Il eût mieux valu ne pas coloniser, mieux valu ensuite, en 1936-37, faire voter le projet de loi Blum-Viollette, prévoyant de donner, progressivement une pleine citoyenneté aux Algériens, si l'Algérie c'était la France !
8 mai 1945, le Gouvernement Provisoire de la République Française, comprenant des députés de tous les partis, y compris le P.C., mâte dans le sang les mouvements du Constantinois. Bilan officieux du moment, une centaine de morts...Estimation algérienne et américaine : 45 000 morts ! Quel est le bilan véritable ? Sans doute très lourd.
La guerre d'Algérie durera huit ans : quatre avant de Gaulle, quatre avec lui.
On lui devait le début de nos « conflits » de décolonisation ; en 1962, la France lui sut gré d'avoir mis fin à cette plaie des guerres coloniales qu'il avait commencées. Mais nos armées allaient rester engagées, jusqu'à aujourd'hui, dans les conflits douteux de la France-Afrique.
L'ensemble de ces conflits et guerres avaient cependant un alibi idéologique dont Tocqueville analysait très bien le mécanisme dès 1840 .
Sous le poids l'opinion publique, la démocratie développe un véritable terrorisme idéologique, moral et intellectuel tel qu'il est impossible de venir à bout d’une opinion fausse s’est emparée de l’esprit du plus grand nombre, ou qui lui a été imposée :
« Ceux qui l’avaient d’abord repoussée comme fausse finissent par la recevoir comme générale, et ceux qui continuent de la combattre du fond de leur cœur n’en font rien voir ; ils ont bien soin de ne point s’engager dans une lutte dangereuse et inutile ».
Tel est l’un des risques majeurs que la démocratie fait courir à la liberté. Le phénomène de pesanteur sociologique va encore plus loin. Il arrive qu’une idée morte, parce que personne n’y croit plus véritablement, continue d’occuper le terrain idéologique :
« Il arrive quelquefois que le temps, les événements ou l’effort individuel et solitaire des intelligences finissent par ébranler ou par détruire peu à peu une croyance sans qu’il n’en paraisse rien au dehors ».
En 1945, la nation, y compris les cadres militaires, ont beau savoir que l'empire colonial est mort, que l’Algérie n’est pas la France, les gouvernants continuent cependant à affirmer le contraire et à s'engager dans une guerre folle et inutile en Indochine, puis à expédier le contingent en Algérie pendant huit ans !
Tel est l’un des risques majeurs que la démocratie fait courir à la liberté. Le phénomène de pesanteur sociologique va encore plus loin. Il arrive qu’une idée morte, parce que personne n’y croit plus véritablement, continue d’occuper le terrain idéologique.
Le déroulement du processus est remarquable. Les partisans d’une doctrine, d’une opinion acquièrent la certitude de sa fausseté mais ils ne se lancent pas dans un combat idéologique pour défendre la vérité en dénonçant la caducité de la croyance si bien que celle-ci reste dominante socialement alors même qu’elle n’est « plus partagée que par le plus petit nombre ; [...] elle règne encore », écrit encore Tocqueville.
Cette croyance n’existe donc plus véritablement qu’à l’état de fantôme, mais paradoxalement, elle reste dominante : « la majorité ne croit plus ; mais elle a encore l’air de croire, et ce vain fantôme d’une opinion publique suffit pour glacer les novateurs et les tenir dans le silence ou le respect ».
Nous pensions avoir des droits sur le Vietnam, mais les peuples indochinois avaient droit à leur indépendance.
En Algérie, il eût fallu commencer par reconnaître des droits égaux et réciproques pour pouvoir envisager la poursuite d'un destin commun.
Mais les deux cas de figure, des vestiges, des fantômes idéologiques pouvaient expliquer, en partie, sans justifier aucunement, ces droits « illusoires » !
En Afghanistan, rien de tel ; nous sommes devant la folie pure : rien ne justifie notre présence actuelle ni, à plus forte raison, un engagement plus massif dans un pays qui n'entre pas dans notre sphère géopolitique et dont les chefs tribaux continuent à contrôler la culture du pavot et sa marchandisation, jusque dans l'entourage immédiat du chef de l'Etat.
La décision qui est prise aujourd'hui est folle et elle se fait de façon totalement antidémocratique.
Le chef de l'Etat n'a pas le droit d'engager son pays dans une guerre dont les objectifs ne sont pas précisés, ni les moyens à employer, ni les alliances, ni les voies de sortie du conflit.
Ce choix dans des engagements militaires irréfléchis a depuis plus de deux siècles conduit la France à la misère et à la ruine.
Ceci prouve à l'évidence qu'il faut redonner au pays des institutions véritablement démocratiques afin qu'un homme seul ne puisse engager la France, malgré elle, dans une guerre dont elle ne veut pas.
Précisons pour terminer que le général américain commandant en chef des troupes de l'OTAN a demandé à être relevé de son commandement pour une action qu'il juge sans issue, à moins que nous n'envisagions, comme Mac Cain, candidat à la présidence des Etats-Unis, de demeurer un siècle en Irak, pour les Américains, en Afghanistan, pour les Français dans le coprs expéditionnaire de l'OTAN !
Je doute que tel soit le choix de nos compatriotes !
16:52 Publié dans Politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, guerre, indochine, algérie, vietnam, sarkozy, leclerc



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