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lundi, 31 mars 2008
Ingrid Betancourt, sacrifiée, martyre, victime innocente

Le sort d'Ingrid Betancourt se joue actuellement dans de sordides tractations. Sa campagne électorale, lorsqu'elle fut interceptée par les FARC, voici six ans, portait sur l'impératif de restaurer une vie politique véritablement démocratique, de remettre l'éthique au coeur du politique - et dans la politique - dans un pays où, aussi bien le pouvoir que les FARC, étaient entièrement corrompus par le système de la production et du trafic de la drogue, dont l'argent profitait aux uns et aux autres. Elle entreprenait de casser un système dans lequel la lutte entre le pouvoir et les FARC, était, en fait, le combat entre deux familles de la Mafia. On sait ce qu'il en advint, elle était aussi coupable pour les uns que pour les autres, elle ne devait survivre qu'en tant que monnaie d'échange.
Mais, pour les deux clans en question, il est important qu'elle ne survive pas à l'échange.
Ne nous y trompons pas, nous avons affaire à deux camps/clans, aussi pervertis, cruels, immoraux et criminels l'un que l'autre.
Les FARC sont évidemment une bande de criminels abrutis et fascisants, dont le pseudo-idéal révolutionnaire aurait dû servir à voiler que ce sont, d'abord et essentiellement, des criminels, s'enrichissant par le trafic de la drogue, des tueurs de la pire espèce, pour lesquels le respect de la vie et de la personne humaine n'existent pas. On ne peut même pas les qualifier de bouchers, ils sont bien au-delà, au rang des pires bourreaux nazis.
Mais il faudra bien, un jour, révéler comment Uribe a toujours tout fait pour conduire à l'échec toutes les tentatives de libération, de quelque nature qu'elles aient pu être, mais qu'à l'évidence, il l'a fait avec l'appui du pouvoir américain – c'est-à-dire celui de Georges Bush –
par l'intermédiaire des services secrets et/ou militaires des Etats-Unis.
Rappelons-nous, du temps de de Villepin, cet avion envoyé en Amazonie pour récupérer Ingrid Betancourt. Globalement, depuis des lustres, nos services secrets s'y entendent quand il s'agit de récupérer, enlever, exfiltrer un citoyen français, depuis le duc d'Enghein – qui devait être jugé/assassiné, pour satisfaire les ambitions du despote du moment - jusqu'au colonel Argoud.
Curieusement l'affaire échoue, le Brésil est prévenu... Pourquoi ? Comment ? Par qui ?
A n'en pas douter, nos amis Pentagone/CIA ont repéré l'affaire et l'ont fait capoter.
Nouvelle tentative, nouveau torpillage ! Qu'on en juge : les FARC, avaient déjà libéré deux groupes d'otages proches (ou qui avaient à voir avec le cas ) d'Ingrid Betancourt.
Celui qui mène l'affaire, qui négocie pour les FARC dont il est le numéro 2, est tué par l'armée colombienne. Si l'affaire avait eu lieu sur le territoire colombien, elle aurait déjà invité à la réflexion, puisque chacun savait que des négociation-tractations avaient lieu, dans lesquelles Ingrid Betancourt occupait une position centrale !
Mais ce n'est pas le cas, l'opération a eu lieu en territoire équatorien, après que l'armée colombienne a été avertie pas les services des Etats-Unis qui ont localisé le numéro 2 des FARC grâce à leur logistique.
Dans ces conditions, l'intervention de l'armée colombienne, téléguidée par les services des Etats-Unis - une fois encore - avait pour but premier de faire échouer - une fois encore - la libération d'Ingrid Betancourt.
Chacun eut bien conscience que cette opération ruinait quasiment tout espoir de libération et relevait de la mise à mort programmée.
A qui profite le crime ?
Cette action scandaleuse et criminelle du pouvoir bushien se comprend dans la logique actuelle des néocons. Le résultat de leur brillante stratégie a réussi à faire haïr, sinon les Etats-Unis, du moins le pouvoir actuel quasiment sur toute la planète, mais surtout, à leur porte, l'Amérique latine où il ne leur reste plus guère d'alliés ou d'affidés, mais Uribe est au nombre de ceux-là.
Ils feront donc tout pour le défendre, et à ce point de vue, la vie d'Ingrid Betancourt, pour eux, compte d'autant moins que l'autre intermédiaire/négociateur est Chavez dont ils se sont juré d'avoir la peau. Ils ont déjà fomenté/sous-traité un coup d'Etat contre lui, comme hier, un 11 septembre, ils ont sous-traité le coup d'Etat au Chili et la mort d'Allende, avec l'armée chilienne et le secours de la démocratie chrétienne !
Depuis des années, la France a fait tout ce qu'elle a pu pour permettre la libération d'Ingrid Betancourt. Les gouvernements successifs ont fait et continuent de faire le maximum pour réussir, leur reprocher d'éventuelles maladresses serait bien inconvenant.
En revanche, ne rien dire, ne rien faire, contre un pouvoir aussi cynique que celui de l'actuel président et de ses services, prévoir de réintroduire la France dans l'organisation intégrée de l'OTAN, prévoir d'envoyer des renforts français en Afghanistan pour faire plaisir à l'actuel président des Etats-Unis, dont les citoyens confessent qu'il a été le pire de tous et qu'ils l'ont sinon élu (car la première élection a été volée – vol dont la Cour Suprême est responsable au premier chef -) du moins réélu, relèverait de la naïveté, de la complaisance, de la sottise et/ou de l'incompétence.
15:38 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ingrid, betancourt, uribe, bush, farc, cia



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