« Nicolas et Victoria, Muammar et Napo III, à moins que ce ne soit Nicolas et Napo III Victoria et Muammar... | Page d'accueil | Revu et corrigé - Paul Amar - »

samedi, 15 décembre 2007

Il est parti Kadhafi, nos médias et politiques ont atteint le summum de la connerie, une fois encore, once more time

0b1d6199bdf4c1f08cbbe9766bf24966.jpgTout d’abord quelques mots de Védrine qui n’est tant point sot, qui est même le seul, ou à peu près, à avoir en France une idée d’une politique internationale globale, mais ce midi François Heisbourg, Jean-Claude Casanova 0cc4e68b5b27b5fd2a664cb1b8fd0685.jpget Colombani et ne disaient pas vraiment autre chose.L'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine a refusé lundi de critiquer "le principe de la visite" du dirigeant libyen Moammar Kadhafi à Paris, demandant d'abord à "voir" ce que cela peut apporter "d'utile" à la France.
"Je ne critique pas le principe de la visite", a-t-il déclaré sur LCI, précisant qu'"après, il faut voir dans le détail le ton et les propos, ce qui est dit de part et d'autre, et ce que ça peut entraîner d'utile". L'ancien ministre de François Mitterrand a estimé que "des visites comme ça se jugent au résultat aussi, au résultat immédiat et au résultat lointain."
"Je crois que les interdictions de principe sont absurdes sur le plan de nos intérêts et même de nos idées", a-t-il ajouté, soulignant qu'une rencontre avec le chef d'Etat libyen était "en soi (...) plus commode à gérer quand (elle) est ailleurs, comme quand François Mitterrand était allé le rencontrer en Crète".
"Personnellement je ne suis pas sur la ligne selon laquelle les Occidentaux ne devraient parler qu'à ceux qui partagent leur valeurs, sinon les Américains n'auraient jamais négocié avec les Soviétiques, (Henry) Kissinger n'aurait pas fait de retournement d'alliance avec les Chinois", a-t-il conclu.

Qui a peur de Virginia Woolf.454cbeb121481da476e1b37db1673410.jpg

Nos journalistes, nos médias et une partie de nos hommes politiques se sont fait plaisir .

Voyons vous êtes complètement abruti, votre femme hystérique, ou l’inverse, et vous invitez des amis, qui n’en sont pas vraiment mais vous vous faites plaisir, vous leur faites une gigantesque crise de delirium, pas grave, quelque chose de tremens comme dit l’autre. Et alors là vous vous payez les invités :

"Ginette n’aurait pas dû vous inviter, moi je suis franc, vous êtes un nul".
"Moi, Monsieur Popol je suis très franche : vous n’êtes pas mon type, j’aime pas les Bidochons".
"Tais-toi Ginette tu es une bique".


Et puis les interviews, et notre Pujadas, là il n’interrogeait pas Jacqounet, alors plein pot, avec ses petits yeux rapprochés qui en disent long sur sa largeur d’esprit qui est la même que celle de Georgie Bush, on croirait qu’il avait fait un pari avec Nicolas Demeuré qui officie sur Inter le matin. Insupportable…

Je ne suis pas un admirateur de Sarko, loin de là, ni de sa politique, ni un fan de Kadhafi, seulement il avait choisi d’agir ainsi. Les défenseurs des droits de l’homme ont le droit de ne pas être d’accord, les politiques également, mais à partir du moment où la France le reçoit, on ne doit pas se comporter comme des pignoufs.

Que faire :
Ces messieurs de la politique et des médias qui partagent les mêmes maîtresses, les mêmes hôtels et les mêmes avions n’avaient qu’à annoncer, s’ils le souhaitaient, qu’ils n’étaient pas d’accord (est-ce le rôle des journalistes, ou sont-ils là pour informer).
Ils devaient dire ensuite qu’il feraient, si tel était leur souhait, le service minimum : relayer le plus brièvement et de la façon la plus neutre, en disant qu’ensuite, ils ouvriraient un débat, sur les antennes, à l’Assemblée.

Le PS a sauté sur l’occasion comme la vérole sur le bas-clergé breton, parce qu’il n’a rien à dire, ne comprend rien, aurait donné un exemple de retenue de sagesse, si son porte parole était monté à la tribune pour dire une phrase, une phrase seulement.

De quoi avons-nous l’air ? Qu’est-ce que ce ministres des Affaires étrangères qui se tire.
Et leurs commentaires à tous : un concours de nullité.
- Il était là pourquoi Kadhafi ?
- Parce qu’il était invité.
- Par qui ?
- Le Président.
- Pourquoi ?
- Pour signer des contrats….
-

Alors c’est vrai, il y a la réalpolitique et les principes des droits de l’homme, ça pose problème…. Et chacun a le droit de défendre et privilégier la défense des droits de l'homme, de ne pas aller voir Kadhafi, de refuser qu'on le reçoive. Mais c'est une chose; les médias, c'est une autre chose, ils ont leurs responsabilités et ils pouvaient ne rien dire ou n'assyrer que le service minimum.

Rappelons-nous : Rabin, Itzhac Rabin, avant d’être tué par l’un de ces fanatiques de chez lui, chauffé à blanc par la droite « normale » de son pays, parce qu’il partait pour faire la paix, expliquait qu’on discute avec ceux qui ne sont pas d’accord, ceux qui n’ont pas les mêmes idées ou conceptions. 6809bfbff61e46cb42f99c9a96a864c0.jpg
Ceci ne veut absolument pas dire que Kadhafi ait raison, mais quand il se défend en nous demandant de respecter les droits de l’homme pour nos immigrés, on répond quoi ?

Ne sommes nous le pays de la démocratie ?
Mais j’ai expliqué, ici même, que depuis 30 ans les élites autoproclamées qui se partagent tous les emplois, tous les pouvoirs politiques et économiques ont créé une Nomenklatura impénétrable.
La France est devenue en trente ans un pays de castes, un système de castes. Il n’existe plus de mobilité sociale, les solidarités ne sont plus qu’horizontales : les amis de Neuilly au Fouquets, les gens des quartiers-ghettos dans les quartiers-ghettos, les exclus dans la rue. Sous les tentes ; non plus de tentes dit Mme la ministre.
Mais ceci, cette rupture, cette immobilité, cette glaciation sociale et sociétale, je ne suis pas le seul à la signaler/dénoncer. Bébéar, l’ancien patron d’Axa, Gandois, l’ancien patron des patrons le disent. Voici 30 ans il y avait entre 25 et 33% d’enfants de familles modestes dans les plus grandes écoles, mais "nous autres grands médecins avons changé tout cela ». Ils sont passés à 20, 15, 10, 6 puis 1% aujourd’hui (dernier rapport de Michel Albert, ancien commissaire au plan). Et ceci donne l’allure générale/globale de notre pseudo-démocratie.
Plus de contrat social, plus de nouvelle société.
Les syndiqués sont passés de plus de 25% à moins de 8%. Mais les syndicats ne veulent surtout pas qu’on fasse le nécessaire pour que la quasi-totalité des employés/ouvriers soient syndiqués – au syndicat de leur choix -.
Du moment qu’il se défendent, eux. Tant pis pour les usagers, les érémistes qui doivent aller au boulot. Tant pis si les syndicats ne s’autofinancent qu’à 20%. Le reste, c’est l’Etat, les patrons, voire des "mainmises occultes" – comme dit l’autre – sur les financements ! Cela ne vous semble pas étrange, indéfendable ?
Revenons à notre Nomenklatura : ces messieurs de la famille, comme on dit chez cosa nostra, occupent 99% des places dans les plus grandes écoles, et savez vous, ma bonne, comme disait la Marquise à sa fille, que les étudiants des Grandes écoles représentent 4% du total des étudiants et 30% du budget de l’enseignement supérieur !
C’est-y pas beau et démocratique tout cela ?
Il faut que les pauvres soient très très pauvres pour que les riches puissent être très très riches ! Telle est notre démocratie. C’est-y pas de la démocratie ça ! D’ailleurs on vote ! Et puis, depuis 30 ans, la droite et la gauche n’ont-elles pas été au pouvoir aussi longtemps ?


Mais il y a Besancenot et Arlette, il faut pétitionner pour qu’elle se représente la prochaine fois, avec Jean-Marie. Ils ont été très efficaces : ils ont fait élire Jacquounet avec 82% des voix, J’espère qu’il leur a envoyé des nougats tous les 21 avril !
Mais les gens votent, et notre intelligence politique n’est-elle pas la meilleure du monde, tous les organes spécialisés le disent et redisent. L’exemple vient des plus hauts conseillers, j’ai appris l’autre jour que le conseiller Guano avait voté non a referendum européen ; maintenant il est pour le oui, contre le referendum (vaut mieux !)
En plus les citoyens affûtent leurs analyses politiques en regardant TF1. Ca vous forme un homme, ça, et les matchs du PSG, et Le maillon faible, et La Ferme, et La méthode Coué…après ça vous pouvez aller voter.
Ensuite, écoutez nos si brillants commentateurs, regardez nos interviewers que le monde entier nous envie…
Alors là, mon brave vous pouvez relire tous les shitpapers écrits depuis une semaine, et vous verrez un festival : « on a posé la bonne problématique, mis la cerise sur le gâteau, aux quatre coins de l’hexagone. Certes, le char de l’Etat navigue sur un volcan, mais, si nous avons trouvé le pays au bord du gouffre, nous lui avons fait faire un grand pas en avant ! »
Déjà, Jacquounet, dans sa campagne de 95, avait prévenu : « Monsieur Jospin, et le déficit de l’Etat, vous n’y pensez pas ! 500 milliards ! » et là-dessus, Chichi a été élu et son efficacité a été remarquable, quand il a quitté le pouvoir, le déficit était de 1150 milliards !
déficit de la France.xls
Enfin Sarko vint.
Pour relancer, il faut montrer qu’on a de l’argent ! Le paquet fiscal !
Journalistes et politiques disent : « on peut plus rien faire, y a pus d’sous, il a tout dépensé ! »
Faites erreur mes braves : cet argent n’existait pas !
Question à 2 sous : Quel est le montant du déficit de la France aujourd’hui ?

Je vous le répète : nous sommes les meilleurs et les plus modestes.

Commentaires

Que de justesse dans l'analyse des commentaires embarrassés de nos médias, à l'occasion de la visite de Kadhafi... jusqu'à notre bonne Manche Libre qui titrait : Un Terroriste à l'Elysée !
Que de vertus effarouchées... Hubert Védrine dit très bien que si la France ne recevait que des dirigeants irréprochables, et pratiquant nos institutions, on ne se bousculerait pas sur les marches de l'Elysée.
Manifestement, Khadafi avait exigé cette visite en contrepartie de la libération des infirmières bulgares. Sarkozy devait-il refuser le "deal" au nom de la morale, et renoncer à les sauver?
L'humour de cette chronique politique est délicieux, mais faut-il ironiser sur la physionomie d'un présentateur de télévision en inférant de son léger strabisme une irrémédiable étroitesse de vue?

Ecrit par : Jean Cabon | lundi, 17 décembre 2007

Oui, je sais, c'est pas bien, mais il m'énerve, Pujadas, il n'est pas le seul. Les animateurs des shitémissions qui sont tous dignes des Gérard d'or de la télé, c'est normal, c'est comme les commentateurs sportifs, en pire !
Mais si, c'est possible.
Regarde Bush, il est bien président des Etats-Unis...
On attendrait mieux des journalistes (il y a, je le redis, de très bonnes émissions magazines, le dernier complément d'enquêtes par exemple!
Mais les jornalistes agressifs, type fox terrier (dommage les chiens sont si gentils), tous formatés sur le même modèle, chez les Givaros..."J'insupporte".

Ecrit par : Benoit | lundi, 17 décembre 2007

Les commentaires sont fermés.